Le président tunisien révoque près de 60 magistrats pour corruption et entrave à des enquêtes
Julie Capelle
4 juin 2022
1 min de lecture
En résumé
Dans un nouvel épisode de la féroce bataille institutionnelle qui se joue en Tunisie, le président Kaïs Saïed, qui s'est octroyé les pleins pouvoirs en juillet dernier, a révoqué jeudi 2 juin près de 60 magistrats pour corruption et entrave à des enquêtes, après avoir renforcé via un décret, sa tutelle de l'autorité supervisant le système judiciaire.
Nouvelle charge contre le système judiciaire.
Une liste de 57 magistrats a été publiée jeudi 2 juin au Journal officiel dans un décret justifiant leur révocation pour "dissimulation d'affaires terroristes", "corruption", "harcèlement sexuel", "collusion" avec des partis politiques et "perturbation du fonctionnement de la justice".
Comment est-ce possible ?
Le président tunisien a amendé la loi qui régit le Conseil supérieur de la Magistrature, pour pouvoir les révoquer invoquant une "atteinte à la sécurité publique ou à l'intérêt suprême du pays".
La réaction vive de l'opposition
Ces révocations sont basées sur "de simples soupçons sans décision judiciaire" a dénoncé le Front de salut national, une coalition d'une dizaine d'organisation d'opposants, né il y a quelques jours.
Une inquiétude grandissante
Depuis le 25 juillet 2021, assurant d'agir dans l'intérêt du pays, Kaïs Saïed concentre tous les pouvoirs et dirige la Tunisie par des décrets-lois, faisant craindre une dérive autocratique dans le berceau des Printemps arabes.
Une feuille de route proposée
Pour sortir de l'impasse provoquée par son coup de force, qualifié de "coup d'État" par ses opposants, le président a proposé une feuille de route qui prévoit un référendum sur la Constitution le 25 juillet et des législatives anticipées le 17 décembre.
Commentaires